PREMIUM

Eldoradio+ 320kbs

Now playing on Eldoradio :

Title

Artist

 
 
 

John Peel

John Robert Parker Ravenscroft est né le à Heswall (Angleterre) et mort le à Cuzco (Pérou). Plus connu sous le pseudo de John Peel, il était un Disc-Jockey, animateur radio et journaliste britannique. Véritable catalyseur de la scène musicale indépendante, il découvrit et diffusa une multitude de jeunes artistes, dont David Bowie, Joy Division ou The Smiths. Renommé pour la qualité et l’étendue de ses goûts musicaux et ses bourdes à l’antenne (comme passer un vinyle à la mauvaise vitesse), John Peel était l’un des DJ les plus populaires et les plus respectés au Royaume-Uni. Influenceur sur la manière de faire de la radio et sur l’évolution de genres musicaux comme la pop, le rock alternatif, le hip hop et la dance.

Animateur sur BBC Radio 1 depuis le lancement de la chaîne en 1967, il y est resté jusqu’à sa mort. Il était alors le dernier animateur historique de la station.

John Peel reçut, à de nombreuses reprises, le titre de DJ de l’année décerné par le magazine NME et fut ordonné chevalier de l’ordre de l’Empire britannique en 1998.

Début de carrière

En 1960, alors âgé de 21 ans, John Peel part aux États-Unis et travaille chez un producteur de coton qui faisait des affaires avec son père. Puis au  des années passées aux USA,  il fait de nombreux métiers, dont informaticien et journaliste.  Il décroche en 1961 un job dans une radio de Dallas où il anime les nocturnes. John devient par la suite, en pleine Beatlemania, correspondant officiel du groupe pour une autre station. Il travaille ensuite pour d’autres radios américaines, notamment en Californie qu’il quitte en 1967 pour retourner en Angleterre.  Entre-temps il fut manager des  Misunderstood, groupe californien qu’il fait venir à Londres. Il les suivra jusqu’à sa mort. En 2003, il déclare « si je devais lister les meilleures performances que j’aie vues ma vie, il y aurait les Misunderstood au Pandora’s Box d’Hollywood, en 1966. Mon Dieu, c’était un groupe génial ! »

Radio London

De retour dans son pays natal, il trouve un emploi sur une radio pirate, Radio London, il animera de minuit à deux heures l’émission The Perfumed Garden. Changeant son nom en John Peel, il devient l’une des voix emblématiques de la station, passant ses disques favoris entrecoupés de poésie qu’il lit lui-même.

Sous le choc de sa découverte du tout dernier opus des Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Peel s’immerge alors, emportant ses auditeurs avec lui, dans la scène hippie de l’époque. Passant de nombreux disques inécoutés ailleurs : du blues (Howlin’ Wolf, Lightnin’ Hopkins, Elmore James), de la folk (les premiers Bob Dylan, The Incredible String Band, Donovan) et les groupes psychés les plus avant-gardistes : Love, The Doors, The Mothers of Invention, Country Joe and the Fish, Jefferson Airplane, Pink Floyd, John Mayall and the Bluesbreakers, Cream, Marc Bolan, Captain Beefheart.

Les titres sont entrecoupées de d’interventions souvent sur un mode très personnel. Appels à la paix et à l’amour et confidences avec les auditeurs, qui lui envoient massivement des poèmes, des lettres ou des disques. Les thèmes abordés sont ceux de la « révolution musicale » en cours. L’arrestation des Rolling Stones pour possession de drogue… Un contenu très éloigné des nocturnes  de Radio London.

BBC Radio 1

Lors de la fermeture de Radio London, le , John Peel rejoint l’équipe de la station pop de la BBC, Radio 1, qui doit commencer à émettre le mois suivant. Contrairement aux radios pirates, qui passaient des disques en continu, Radio 1 doit se plier aux exigences du service publique et diffuser également des orchestres jouant en live dans les studios. Une occasion pour Peel d’accueillir ses groupes favoris.

John Peel se débarrasse rapidement des autres DJ qu’on lui impose, et dès février 1968, il présente seul l’émission Top Gear. Le programme est diffusé jusqu’en 1975 et change de nom pour devenir simplement John Peel. Une sorte de vitrine mettant en avant ses goûts pour la musique éclectiques, parfois contre l’avis des dirigeants de la chaîne, voire des auditeurs. C’est d’ailleurs l’un des premiers DJ qui introduira sur les ondes, des nouveaux styles tels que le reggae, le punk ou le hip-hop. Méprisant les contraintes de l’antenne, Peel diffuse des albums en entier comme Tubular Bells de Mike Oldfield.  Il soutient, entre autres, le groupe anglais The Fall (qui joue 24 fois dans son émission!) et Cocteau Twins, en passant une face complète d’un de leur album sans aucune coupure.

La scène musicale indépendante

En 1969, John Peel crée une nouvelle émission nocturne, The Night Ride, qui ressemble un peu à The Perfumed Garden. Présenté comme un programme d’exploration musicale, The Night Ride diffuse du rock, du blues, de la folk, et même de la musique classique. Quelques titres exotiques issues des archives de la BBC et des interviews. L’émission tente d’illustrer la créativité et la liberté de la scène underground, ce qui ne plaît pas à tout le monde, notamment la direction de la BBC qui la supprime au bout de 18 mois, en septembre 1969. John retourne alors au format classique des émissions de l’époque, mélange de disques et de musique live, un format qu’il conservera

Dans les années 1970, John Peel continue à défricher de nouveaux territoires musicaux. Il est le premier à diffuser la chanson God Save the Queen des Sex Pistols, qui fait scandale en 1977,  quelques mois après avoir passé Anarchy in the U.K. interdite ensuite par la BBC. Il provoque également la controverse en diffusant intégralement et sans autorisation, l’album Desire de Bob Dylan  alors que Capital Radio avait obtenu l’exclusivité. Il confirme son mépris des maisons de disques plusieurs fois, en 2003 avec l’album Elephant des White Stripes avant sa sortie officielle.

Un véritablr découvreur de talents

John Peel défend les styles rock, pop, punk, reggae, musique classique, mais aussi hardcore, electro ou death metal. Il explore tous les genres, y compris la musique industrielle et le free jazz.

De nombreux musiciens lui sont redevables pour la réussite de leur carrière. Parmi eux les inoxydables T. Rex, David Bowie, The Fall, Bolt Thrower, Robert Wyatt, Sex Pistols, The Slits, Siouxsie and the Banshees, Fairport Convention, Adam and the Ants, The Clash, Gong, Bauhaus, Aswad, The Undertones, Buzzcocks, Gary Numan, The Cure, Joy Division, The Wedding Present, Gil Scott-Heron, Pulp, Ash, Orbital, The Smiths, Syd Barrett, Captain Beefheart, Pavement, Linton Kwesi Johnson, Billy Bragg, et pour finir les fameux White Stripes.

Peel a animé Radio 1 pendant 37 ans, jusqu’à sa mort en 2004 ; 37 années pendant lesquelles il a enregistré près de 4 000 sessions avec 2 000 artistes différents. Il était le seul DJ de la station à disposer d’une liberté totale sur la musique qu’il diffusait. Le dernier titre qu’il a passé fut Time 4 Change, extrait de l’album No One’s Listening Anymore du groupe Klute.

Il est mort soudainement à l’âge de 65 ans d’une crise cardiaque le , pendant ses vacances à Cuzco au Pérou. Son épitaphe «Teenage dreams so hard to beat » reprend des paroles de la chanson Teenage kicks des Undertones, chanson qu’il considère comme la meilleure de tous les temps.